Bégaiement et milieu scolaire

Dans plusieurs commissions scolaires au Québec, le bégaiement n’est pas reconnu comme étant un trouble pouvant affecter les apprentissages. Aussi les orthophonistes n’ont-ils pas le mandat d’intervenir à ce niveau, autrement que pour orienter les familles ou pour informer les enseignants au sujet du bégaiement et des comportements pouvant être facilitants pour cet élève. Bien que la thérapie orthophonique pour le bégaiement donne de bons résultats à cet âge, la plupart des orthophonistes en milieu scolaire ne peuvent la mener.

Or, le bégaiement peut avoir des impacts négatifs en classe, notamment au niveau des présentations orales souvent exigées, de la lecture à voix haute en groupe-classe, de la participation aux travaux d’équipe, de la formulation de questions en cas d’incompréhension de de la réponse aux questions posées par le professeur, etc.

D’ailleurs, des études américaines ont montré que les élèves qui bégaient présentent un retard scolaire face à leurs collègues de classe (Schindler, 1955) et de moins bons résultats aux examens (Williams et coll., 1969). Cela s’expliquerait, entre autres, par des comportements d’évitement de la part des élèves qui bégaient, d’une tendance pour les professeurs à leur faire moins de demandes pour les épargner et d’un effort réduit de la part des élèves qui bégaient parce qu’ils sont moins sollicités (Yairi & Seery, 2011).

À la lumière de ces informations, une intervention précoce, à l’âge préscolaire, est recommandée. Si cela n’a pu être réalisé, il importe d’être alerte et de rechercher, à l’âge scolaire, une intervention dans un établissement hospitalier (hôpital, centre de réadaptation ou en CLSC, selon les régions) ou privé.

Natacha Beausoleil, MOA, Orthophoniste

 Références

  • Schindler, M.D. (1955). “A study of educational adjustment of stuttering and non-stuttering children”. Dans W. Johnson & R.R. Leutenegger Eds.), Stuttering in children and adults. Minneapolis: University of Minnesota Press.
  • Williams, D., Melrose, B. & Woods, L. (1969). “The relationship between stuttering and academic achievement in children”. Journal of Communication Disorders, 2, 87-98.
  • Yairi, E. & Seery, C.H. (2011). Stuttering: Foundations and Clinical Applications. Upper Saddle River, NJ: Pearsons Education.