Fonctionnement de la voix

La voix est le produit de la coordination de 3 systèmes : la respiration, la phonation et la résonance.

Pour vous aider à visualiser comment est produite la voix, nous pouvons la comparer au son produit par une guitare.

La « source » du son de la guitare, c’est le mouvement de la main qui viendra déplacer les cordes. Sans la main pour venir déplacer les cordes, il n’y a pas de mouvement, ni de son produit. Chez nous, la source du son de notre voix, c’est le souffle.  En effet, c’est le souffle, généré par nos poumons, qui viendra déplacer nos cordes vocales, les mettre en mouvement. S’il n’y a pas de souffle, il n’y a pas de son possible!

Donc, une fois que les cordes de la guitare sont en mouvement, elles peuvent se mettre à vibre. C’est cette vibration qui se transforme en ondes sonores que nous entendons, et qui nous permet de reconnaitre le son de la guitare. Chez l’humain, c’est la même chose. La vibration de nos cordes vocales permet la création d’une onde acoustique complexe, qui vibre à une tonalité donnée. Cette tonalité de notre voix, aiguë ou grave, va différer selon la tension induite dans les cordes vocales, leur grosseur, etc. C’est en partie ce qui fait que les hommes ont généralement une voix plus grave que les femmes : leur cordes vocales sont plus massives!

Finalement, ce qui donne la « couleur » au son de chaque guitare, c’est la caisse de résonance. Le son produit par la petite caisse d’un ukulélé sera différent de celui produit par une guitare! Même chose pour une guitare électrique ou acoustique… Nous reconnaissons la guitare dans chaque cas, mais les différentes « couleurs de sons » sont produites par la caisse de résonance, qui vient amplifier différentes parties de l’onde sonore. Chez nous, il s’agit de la grosseur et de la configuration de notre tractus vocal (gorge et bouche) qui viendra changer la sonorité de la voix! Le tractus vocal change selon la position de notre tête, de notre langue, de notre mâchoire, etc. Notre caisse de résonance à nous, c’est notre gorge et notre tête. Si vous observez bien Pavarotti qui chante, vous remarquerez qu’il tend à avancer sa mâchoire à certaines occasions… Et bien, lorsqu’il fait cela, le son devient souvent plus « lourd », plus « profond ». Il donne donc une couleur différente à sa voix, en changeant la forme de sa bouche!

Un problème de voix peut donc témoigner de difficultés à l’un ou l’autre, ou même à plusieurs de ces systèmes. Votre travail avec l’orthophoniste pourrait vous permettre de découvrir lequel de ces systèmes gagnerait à être améliorer. Apprendre à bien coordonner ces systèmes, et à ajuster leur coordination selon le contexte (lorsque je suis devant un public, ou seulement en compagnie d’une autre personne) c’est apprendre à ajuster sa technique vocale. La technique vocale est souvent un élément clef du traitement orthophonique. Mais ce n’est pas tout….

Contrairement à la guitare, chez l’humain, la production de la voix est un phénomène MUSCULAIRE…. La qualité de notre voix peut donc aussi varier selon l’utilisation qu’on en fait (est-ce que j’utilise mon système vocal de manière trop intense et trop fréquemment?), par notre condition de santé et les médicaments que nous prenons, par le stress et les émotions que nous vivons (pensez à quel point la voix se met à trembler quand on pleure…), et finalement, par notre hygiène vocale ( ai-je de bonnes habitudes de vie avec ma voix : repos vocal occasionnel, réchauffement de la voix, entrainement, etc…).

Une évaluation en orthophonie vous permettra de faire dresser le portrait complet des facteurs qui influencent votre voix et de mieux cibler les comportements à changer. Au besoin, l’orthophoniste vous accompagnera par la suite pendant une thérapie, pour optimiser vos habitudes et votre technique vocale, afin de préserver votre voix. 

Sarah Martineau, M. Sc., Orthophoniste 

Références

Ouvrages

  • Titze & Verdolini-Abbott, Vocology: The science ans Practice of Voice Habilitation, National Center of Voice and Speech, 2012, 359 pages.
  • Mathieson L., Greene & Mathieson’s The Voice and Its Disorders, London and Philadelphia: Whurr Publishers, 2001. 750 pages

 

Articles

  • Boucher, V.J., Ahmarani, C., & Ayad T. (2006).  Physiologic features of vocal fatigue. Electromyographic spectral-compression in laryngeal muscles. Laryngoscope, 116: 959-965.
  • Dietrich, M., Verdolini, K., Gartner-Schmidt, J., & Rosen, C.A. (2008). The frequency of perceived stress, anxiety, and depression in patients with common pathologies affecting voice. Journal of Voice, 22: 472-488.
  • Hazlett, D.E, Duffy, O.M. & Moorhead, S.A. (2009) Review of the impact of Voice training on the Vocal Quality of Professionnal Voice Users: Implication and Recommendations for Further Research. Journal of Voice, 25: 181-191
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